Voiliers à Sète 1924 – Albert MARQUET
L’épouse d’Albert Marquet, Marcelle, relate le contexte de création de cette toile, fruit d’un séjour à Sète.
Dès son arrivée en 1924, il est séduit par la ville et décide de s’y installer pour l’été. Il réside avec sa femme au Grand Hôtel et loue à proximité du môle Saint-Louis un petit logement. C’est de là, sur le quai de la Consigne, depuis le balcon qui lui offre une vue plongeante sur le port qu’il peint la scène.
Les couleurs traduisent la délicatesse de la lumière. Le peintre recherche une harmonie tonale et garde la simplification des formes des peintres fauves. Aux couleurs criardes, il préfère des tons plus mesurés.
Il joue avec la perspective et dévoile, au gré des reflets bleutés et rosés, une touche épaisse et visible. Il se rapproche des fauves par la simplification des formes traitées par grands aplats de couleurs.
Dans cette œuvre où se croisent sereinement voiliers et barques catalanes, tout concourt à retranscrire l’atmosphère du moment. Contemplatif et songeur, Marquet peint une vision émotionnée et sensible du port de Sète.
Un beau soir, nous découvrîmes Sète. Les eaux qui la parent étaient dorées par le couchant, le ciel trouvait en elle de quoi doubler ses fastes et je compris à l'émotion qui s'empara d'Albert que nous y resterions.
Marcelle MARQUET
Albert MARQUET (Bordeaux, 1875 – Paris, 1947)
Issu d’une famille modeste, Marquet dessine dès son enfance et se promène seul sur les quais de Bordeaux, où il est attiré par le mouvement des bateaux et l’activité portuaire. En 1890, à 15 ans, il entre à l’École nationale des Arts décoratifs. En 1894, il devient élève aux Beaux-Arts de Paris. Gustave Moreau, dans son atelier, lui conseille « d’interpréter la nature, d’exprimer un sentiment intérieur, de mettre de l’imagination dans la couleur ».
Il a d’abord représenté les paysages de Normandie, du Havre, Honfleur, Sainte-Adresse et très vite, les paysages du Midi dont les contrastes, la lumière et l’intensité se prêtaient davantage à sa sensibilité et à son utilisation de la couleur. En 1905, il expose au Salon d’automne dans la salle VII dite « fauve » avec Matisse, Manguin, Derain et Vlaminck.
Il a passé sa vie à voyager entre les rives de la Méditerranée (Naples, Maroc, Algérie, …) et de la Seine, faisant du paysage et de l’eau ses motifs favoris. Il note les moindres changements de la lumière sur les coques des bateaux et les jeux subtils de lumière entre le ciel et la mer. Son œuvre est à son image : calme, lumineuse et silencieuse.
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