Les collections du musée abritent une œuvre singulière du maître du réalisme, et encore porteuse de bien des mystères.

S’agit-il, comme le veut la tradition, d’un paysage à Palavas-les-Flots fait lors d’un des séjours de Courbet dans le sud de la France (1854 et 1857) lorsqu’il était proche de son mécène montpelliérain Alfred Bruyas ?

Mais la toile est, à bien des égards, proche des vues exécutées plus tard sur le motif en Normandie, si bien qu’elle pourrait être rattachée aux paysages datant du séjour à Trouville en 1865. Le titre comme la date de l’œuvre sont donc encore sujets à débat. Il n’en demeure pas moins que le littoral méditerranéen est à l’origine d’une telle structuration du paysage dans l’oeuvre de Courbet.

Ici les lignes sont uniquement horizontales, les couleurs ocres et brunes de la plage se confondent et se diluent à celles de la mer. La présence humaine est suggérée par les voiliers à peine visibles sur la ligne d’horizon. Le ciel est omniprésent car il prend 2/3 de la composition du tableau en opposition avec la règle classique d’1/3. Courbet a probablement réalisé des croquis et des esquisses en pleine nature mais il a réalisé l’œuvre en atelier.

Mer calme à Palavas (1857) - Gustave COURBET Huile sur toile 74 x 93 cm
Huile sur toile 74 x 93 cm

Gustave COURBET (Ornans, France, 1819 – La Tour-de-Peilz, Suisse, 1877)

En 1848, Gustave Courbet expose au Salon une dizaine de toiles qui lui valent l’amitié du critique Champfleury (1821-1889), puis de Jules Castagnary (1830-1888), qui se chargent de donner un corpus théorique au réalisme.

Républicain et socialiste déclaré, Courbet est animé par la volonté de réformer, voire de révolutionner la peinture. Sa rencontre avec Alfred Bruyas (1821-1877), riche collectionneur originaire de Montpellier, est déterminante à son indépendance financière. Ses prises de position durant la Commune et la destruction de la colonne Vendôme, qu’il est condamné à rembourser, l’obligent à fuir en Suisse, où il terminera ses jours.

Une œuvre MNR déposée au musée Paul Valéry en 1952

Mer calme à Palavas (ou Mer à Trouville selon une inscription anonyme ultérieure au dos) fait partie des biens MNR.  Environ 2200 œuvres non restituées après la Seconde guerre mondiale ont été confiées à la garde des musées nationaux et identifiées comme « Musées Nationaux Récupération » (MNR). Un certain nombre ont été déposées à des musées de région, comme celle-ci, confiée en 1952 au musée de Sète. Ces œuvres sont actuellement l’objet de recherches pour préciser l’historique et établir s’il s’agit d’œuvres spoliées.

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