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Un chef-d'œuvre de la dernière période tolédane de Greco (1541-1614), exposé pour la première fois en France.

Le Musée Paul Valéry accueille GRECO (1541-1614) et consacre, dans un concept nouveau, son exposition d’été à une seule œuvre du Maître. Grâce au prêt exceptionnel du Musée de Santa Cruz de Tolède, où elle est conservée depuis 1961, l’Immaculée conception de la chapelle Oballe, chef-d’œuvre de la dernière période tolédane de Greco (1541-1614), sera exposée pour la première fois en France. 


Pour prendre le temps de regarder une œuvre autrement, des conditions muséographiques et scénographiques particulières ont été réunies afin d’offrir aux visiteurs une occasion unique d’admirer et de comprendre l’œuvre.

Significative de l’art de la Contre-Réforme, qui installe au premier plan le caractère mystique du sujet, l’Immaculée Conception (1608-1613) a été réalisée pour le maître-autel de la chapelle Oballe de l’église de San Vicente, à Tolède. 

L’Immaculée Conception de la chapelle Oballe 

Le projet d’ornementation de la chapelle Oballe avait été initialement confié par le Conseil de la Ville à Alessandro Semini, artiste originaire de Gênes. Après la disparition du peintre génois en 1607, le Conseil se tourne vers GRECO, présent à Tolède depuis trente ans. Celui-ci reprend l’ensemble, imposant des modifications radicales au projet, substituant à la fresque une toile d’autel de plus grandes dimensions accompagnée de deux portraits de saints, saint Pierre et saint Ildefonso, ainsi que d’une Visitation, qui ne seront finalement accrochés qu’après la mort de l’artiste en 1617. Commandée pour être livrée à l’occasion de la fête de l’Assomption en 1608, la toile n’est achevée qu’en 1613, un an avant la mort du peintre. 

L’œuvre signe en quelque sorte le testament esthétique de GRECO et constitue une synthèse de l’ensemble des recherches de l’artiste, fondées à la fois sur un idéal de beauté, sur les éléments fondamentaux que sont la lumière et la couleur ainsi que sur un étirement des formes.

Le tableau au format monumental (3,47 x 1,74 m) présente dans une composition ascensionnelle, la Vierge Marie, qui a pu être comparée à une « Victoire de Samothrace chrétienne » (Manuel B. Cossío). Vêtue d’une tunique rouge et d’un manteau bleu, elle occupe d’une manière imposante le centre du tableau, comme suspendue dans un espace céleste dominé par la colombe du Saint-Esprit. Entourée d’anges, de chérubins et de Saint-Jean l’Évangéliste, elle est accompagnée dans son mouvement par la figure d’un ange drapé de jaune, qui, à ses pieds, opère le lien entre espaces céleste et terrestre, le monde terrestre étant représenté en bas par une vue de la ville de Tolède. L’emploi de couleurs pures, l’élongation des formes, la perturbation des repères les plus communs – gravité et légèreté, proche et lointain, espace physique et monde spirituel – proposent ainsi une vision singulière.