Date
À propos

Le musée Paul Valéry présente les œuvres des vingt-cinq dernières années de la carrière de Daniel Dezeuze

Le musée Paul Valéry est largement associé à la question de la figuration notamment à travers le mouvement de la Figuration libre qui a marqué durablement la communauté artistique sétoise. En présentant les dernières créations de Daniel Dezeuze, le musée prend la question à rebrousse-poil et constate que la peinture peut échapper au format attendu du tableau, qu’elle n’est pas toujours une image, qu’elle peut se détourner de la question de la représentation pour s’approcher d’une forme de construction.

Daniel Dezeuze et l’héritage de Supports/Surfaces

Après l’exposition À portée de main en 2008, le musée Paul Valéry de Sète – où vit et travaille Daniel Dezeuze – présente ses œuvres du XXIe siècle. L’artiste n’a cessé, depuis sa participation au mouvement Supports/Surfaces dans les années 1970, d’interroger les éléments constitutifs de la peinture et de la création artistique. À partir des matériaux les plus simples et les plus divers, des matériaux détournés aux assemblages de rebuts, l’artiste renouvelle les objets d’une curiosité toujours intacte et forge des œuvres troublantes, une poésie contemporaine de la fragilité.


Vingt-cinq ans d’expérimentation picturale

Les œuvres des vingt-cinq dernières années de sa carrière prolongent les pistes ouvertes dans les décennies précédentes et chaque série inaugure une nouvelle possibilité de faire de la peinture sans en fixer aucune de façon définitive. Quelques fils rouges semblent tisser une trame à cet œuvre multiforme et pourtant cohérent. L’esprit d’expérimentation plastique allié à une solide analyse théorique amène l’artiste à déconstruire et reconstruire en permanence les attendus de la peinture dans une approche sérielle et processuelle, même après la fin des avant-gardes.

Humour, décentrement et poésie de la fragilité

Un humour émerge aussi avec délicatesse, dans certaines formes plastiques autant que dans les titres. Ces derniers posent plus souvent une énigme qu’ils n’explicitent l’œuvre, cherchent peut-être à rendre le regardeur complice de l’artiste et surtout mettent en échec toute interprétation dogmatique. Portée par une sensibilité d’ordre anthropologique, nourrie de la rencontre avec d’autres cultures et d’autres temporalités, s’affirme une exigence de décentrement : il s’agit de faire un pas de côté, d’adopter une position marginale, fragile, d’où peut surgir une poésie singulière, parfois même une méditation sur la vie, le vide et l’impermanence. Chaque œuvre se tient dans la tension entre ces pôles, sans jamais se laisser réduire à l’un ou à l’autre. Cette indétermination, loin d’être un défaut, constitue au contraire le cœur d’une pratique revendiquant la liberté comme principe fondateur.