Paysage maritime
La notion de paysage est l’une des thématiques majeures des collections du musée, au gré des différents courants picturaux et artistes représentés. Du XVIIe au XXIe siècles, les œuvres dévoilent un regard multiple sur la représentation picturale du paysage, et plus particulièrement avec le paysage maritime.
Pour le XVIIe siècle, le musée présente un exemple de « caprice » avec une œuvre d’Abraham Storck (1635 – 1710). Au XIXe siècle, la vue panoramique cherche à rivaliser avec la précision apportée par la photographie et Robert Mols, déjà réputé pour une vue des quais de Bordeaux acquise par le Musée, est sollicité pour représenter le Port de Cette, 1891. De grande dimension, ce panorama côté mer revêt aujourd’hui un intérêt historique. Avec des vues de moins grande ampleur, le peintre qui signe Ego montre le canal royal pavoisé pour le concours des joutes. De manière plus surprenante, sous le pinceau de Julius Hintz, le ciel méridional se pare de couleurs océaniques. Aujourd’hui, le musée expose son tableau intitulé Vue de la ville et du port de Sète (1849) mais déjà, en 1834, Hintz exposait au Salon une oeuvre intitulée Fort Saint-Pierre à Cette.
Avec Gustave Courbet (1819 – 1877), les collections du musée abritent une œuvre singulière du maitre du réalisme. Mer calme à Palavas (1857), fait partie de sa série des peintures de mer réalisée entre 1854 et 1857. Quant à Albert Marquet, dès son arrivée à Sète en 1924, il est séduit par la ville et peint son tableau Voiliers à Sète.
Au XXe siècle et avec de nouvelles techniques, les peintres explorent les paysages maritimes avec un rendu proche de l’abstraction où parfois le ciel et la mer se confondent (Jean Raymond Bessil, Port, 1964). Pierre Fournel débute dans les années 1950 une série de Plages. Attiré par la texture et la coloration du sable, Pierre Fournel va l’incorporer à ses toiles pour en enrichir la matière.
Au tournant du XXIe siècle, le paysage en général, et Sète en particulier, reste un sujet qui intéresse les artistes. Philippe Pradalié (1938 – 2015) déploie une peinture figurative et monumentale et dans le début des années 1990, son travail s’inscrit dans cette tradition. Il peint avant tout des « vues » : paysage de port, paysage de jardins, vues de Paris ou de Montpellier, de friches industrielles. Cimenterie, 1994, est un paysage entre nature et industrie, une vue de Sète côté étang, devancé par les formes géométriques de l’usine. Quant à Jean-Luc Parant, réputé pour ses installations monumentales de boules en matières composites et pour ses textes,Eboulement marin. Mer de boules et d’yeux 2012, serait-ce un éboulement surgi du néant, de météorites retrouvées, d’un torrent pétrifié ? C’est en tout cas une évocation des origines. Elle est à la fois un œuf, un météore, un soleil, une tête ou encore la Terre. Les textures varient et cet éboulement marin évoque également l’univers sétois, que connait bien l’artiste.