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À propos

« En regard » partage l’ambition de faire découvrir des artistes d’aujourd’hui hors de toute volonté démonstrative ; Brigitte Aubignac et Nazanin Pouyandeh.

Le musée Paul Valéry inaugurait il y a 10 ans sa première biennale de la série des « 4 à 4 ». « En regard » partage l’ambition de faire découvrir des artistes d’aujourd’hui hors de toute volonté démonstrative préexistante. Présenté dans des espaces plus vastes, le corpus donne à voir le développement du travail des artistes sur une durée plus longue.

Deux expositions individuelles en dialogue

Le dispositif – deux expositions individuelles – induit que puissent exister des rapports de convenance ou de disconvenance entre les œuvres et que s’établisse un dialogue entre elles, même à leur corps défendant. Cela appartient aux visiteurs.

Brigitte Aubignac, une peinture de l’intranquillité

Brigitte Aubignac se joue avec finesse des attentes du regardeur. La simplicité et la grâce du naturel dont est habituellement investi le modèle à la toilette n’ont ainsi plus cours dans la série des « Maquillages ». Le regard porté sur soi dénote une exigence de vérité sans concession. Autre variante de l’autoportrait au miroir, Le Cri est d’abord un silence, redoublé ostensiblement ici par un bâillon enfoncé dans la gorge ouverte. Les corps des « Insomnies » disent assez les batailles intérieures imposées par une souffrance silencieuse. Les Statues ne sont pas elles-mêmes figées dans une forme close. Elles sont des « témoins muets », écrit Brigitte Aubignac, « de toute une existence humaine à travers l’Histoire de l’Art ». Le peuple des statues s’assemble dans de vastes collages qui font émerger des récits latents. Toute la peinture de Brigitte Aubignac est ainsi marquée par l’intranquillité.

Nazanin Pouyandeh, entre cultures, désir et mort

Née à Téhéran, dans un pays fermé à la circulation des images, puis confrontée brutalement en France à leur fluidité, Nazanin Pouyandeh est convaincue de la porosité des frontières entre les arts, entre les époques et les cultures. L’ouverture du monde contemporain favorise le syncrétisme des solutions pour prendre en charge les grands invariants universels. Aussi toutes les formes d’art se mêlent-elles dans des scènes de songe, qui font place aux rencontres incongrues, provoquant déformations et disproportions. Les motifs épuisés se rechargent alors étrangement de mystère et les gestes des personnages paraissent solennels, comme investis dans un rituel sacré où se jouerait éternellement la tension entre le désir et la mort.

Deux peintres, deux femmes, des interrogations partagées

Étrangères l’une à l’autre, singulières dans l’espace qui les dissocie tout en les rassemblant, Brigitte Aubignac et Nazanin Pouyandeh partagent néanmoins des questions qui ne relèvent pas que d’un simple effet de lecture. Des réponses différentes sont apportées à des interrogations inhérentes à la pratique de la représentation, sans qu’il soit question d’instaurer un rapport de forces ou d’établir une hiérarchie entre deux peintres, deux femmes.